Peuples, langues et minorités
Reconnaissance constitutionnelle
L'article 2 de la Constitution, réécrit en 2001, définit le Mexique comme une nation pluriculturelle fondée à l'origine sur ses peuples autochtones et leur reconnaît un droit à l'autodétermination et à l'autonomie. Une réforme adoptée en 2019 a inscrit dans le même article la reconnaissance des peuples et communautés afro-mexicains comme partie de la composition pluriculturelle du pays.
Poids démographique des populations autochtones
Le recensement de 2020 comptabilise 23,2 millions de personnes se déclarant autochtones, soit 19,4 pour cent de la population, et 7,4 millions de locuteurs d'une langue indigène parmi les habitants de plus de trois ans, environ 6 pour cent du total. La population afro-mexicaine, dénombrée pour la deuxième fois lors de ce recensement, avoisine 2,5 millions de personnes, concentrées notamment dans le Guerrero, l'Oaxaca et le Veracruz.
Diversité linguistique
Le catalogue de l'Institut national des langues indigènes retient 68 groupes linguistiques répartis en 11 familles et déclinés en 364 variantes. Le nahuatl compte le plus grand nombre de locuteurs, devant le maya yucatèque, le tzeltal, le tzotzil, le mixtèque et le zapotèque. La loi générale sur les droits linguistiques des peuples autochtones, adoptée en 2003, place ces langues sur un pied d'égalité juridique avec l'espagnol et a créé l'institut chargé de leur préservation.
Répartition territoriale
Les Etats du sud et du sud-est concentrent la majorité des communautés autochtones, en particulier l'Oaxaca, le Chiapas, le Yucatán, le Guerrero et le Veracruz. Le nord conserve des peuples moins nombreux mais fortement identifiés, comme les Rarámuris de la Sierra Tarahumara, les Yaquis du Sonora ou les Seris du littoral du golfe de Californie. Les migrations internes ont par ailleurs installé des communautés nahuas, mixtèques et otomies dans les grandes agglomérations.
Inégalités et revendications
Les organismes publics de mesure de la pauvreté relèvent depuis des années des taux nettement plus élevés dans les municipalités à forte présence autochtone, avec un accès plus difficile à l'eau courante, à l'électricité et aux services de santé. Les conflits fonciers liés aux projets miniers, énergétiques et d'infrastructures alimentent des recours judiciaires fondés sur la convention 169 de l'Organisation internationale du travail, ratifiée par le Mexique en 1990, qui impose une consultation préalable des communautés concernées.