Libertés publiques au Mexique

Garanties constitutionnelles

Le chapitre premier de la Constitution énumère les droits humains reconnus et prévoit le recours en amparo, procédure ancienne qui permet à toute personne de contester devant un juge fédéral un acte de l'autorité portant atteinte à ses droits. Une réforme adoptée en 2011 a donné rang constitutionnel aux traités internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par le pays et impose aux juridictions une interprétation favorable à la personne.

Sécurité et présence militaire

Le déploiement des forces armées dans des missions de sécurité publique, engagé en 2006, a été prolongé par les gouvernements successifs. La Garde nationale, créée en 2019, a été placée sous le commandement du ministère de la Défense par une réforme adoptée en 2024. La Commission interaméricaine des droits de l'homme et Human Rights Watch ont exprimé des réserves sur cette militarisation, en invoquant les risques d'atteintes aux droits des personnes et la difficulté du contrôle civil.

Violence liée à la criminalité organisée

Les statistiques du secrétariat exécutif du système national de sécurité publique font état de plus de trente mille homicides volontaires par an depuis 2018, avec une décrue enregistrée à partir de 2024. Le registre national des personnes disparues recensait plus de cent mille disparitions non élucidées, seuil franchi en 2022 et signalé par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Les collectifs de familles de disparus documentent régulièrement la découverte de fosses clandestines.

Situation des journalistes

Reporters sans frontières classe le Mexique au 122e rang sur 180 pays dans son classement mondial de la liberté de la presse publié en 2026 et décrit le pays comme l'un des plus dangereux au monde pour la profession. L'organisation recense plus de cent cinquante journalistes tués depuis 2000 et vingt-huit disparus. Un mécanisme fédéral de protection des journalistes et des défenseurs des droits humains, créé en 2012, assure des mesures de protection dont l'efficacité est discutée par les organisations professionnelles.

Droits des femmes et des minorités sexuelles

La Cour suprême a jugé en 2021 puis en 2023 que la criminalisation de l'avortement était contraire à la Constitution, ouvrant la voie à une dépénalisation qui progresse Etat par Etat. Le mariage entre personnes de même sexe est ouvert dans l'ensemble des entités fédérées depuis 2022. Les organisations mexicaines de défense des droits et les agences des Nations unies documentent parallèlement un niveau élevé de féminicides, avec plusieurs centaines de cas qualifiés comme tels chaque année par les autorités.