Emploi et travail au Mexique

Structure du marché du travail

La population active dépasse 60 millions de personnes selon l'enquête nationale sur l'emploi de l'Inegi. Le taux de chômage officiel reste faible, généralement compris entre 2,5 et 3 pour cent, un niveau qui s'explique par l'absence d'indemnisation généralisée et par le poids de l'emploi informel. Ce dernier concernait environ 57 pour cent des personnes occupées en 2025 et prive les travailleurs concernés de couverture sociale contributive.

Salaire minimum et rémunérations

La commission nationale des salaires minimums fixe chaque année deux montants, l'un pour la zone franche de la frontière nord, l'autre pour le reste du pays. Les revalorisations successives depuis 2019 ont plus que doublé le salaire minimum en termes réels, une trajectoire inscrite dans la Constitution par la réforme de 2024 qui impose une progression supérieure à l'inflation. Le salaire moyen enregistré auprès de l'Institut mexicain de sécurité sociale demeure très supérieur à ce plancher.

Contrat de travail et durée

La loi fédérale du travail régit les relations individuelles et collectives. La durée légale hebdomadaire s'établit à 48 heures pour le poste de jour, avec un débat parlementaire engagé sur son passage à 40 heures. Les congés payés minimaux sont passés de six à douze jours ouvrés dès la première année d'ancienneté, à la suite de la réforme dite des vacances dignes entrée en vigueur en 2023. La prime annuelle obligatoire, l'aguinaldo, équivaut à quinze jours de salaire.

Réforme de la sous-traitance

La réforme adoptée en 2021 interdit la sous-traitance de personnel portant sur l'activité principale de l'entreprise et n'autorise l'externalisation que pour des services spécialisés enregistrés auprès du ministère du Travail. Elle a entraîné le transfert de plusieurs millions de salariés vers leur employeur réel et modifié le calcul de la participation des travailleurs aux bénéfices.

Relations collectives et syndicats

La réforme de 2019, adoptée en lien avec les engagements de l'accord nord-américain, a instauré le vote personnel, libre et secret pour l'approbation des conventions collectives et créé des tribunaux du travail indépendants du pouvoir exécutif. Un mécanisme de réponse rapide en matière de travail permet aux Etats-Unis et au Canada de saisir des cas d'entraves à la liberté syndicale dans des établissements exportateurs, procédure utilisée à plusieurs reprises depuis 2021 dans l'automobile et les mines.