La peinture mexicaine
La peinture mexicaine a connu au vingtième siècle un rayonnement international rare pour un pays d'Amérique latine. Le muralisme, en particulier, a fait de la fresque publique un moyen d'éducation politique et un langage plastique reconnaissable.
Origines coloniales et académiques
La peinture de la Nouvelle-Espagne développe un art religieux abondant, marqué par les modèles espagnols et flamands, dont témoignent les œuvres de Cristóbal de Villalpando et de Miguel Cabrera. L'Académie de San Carlos, fondée à la fin du dix-huitième siècle, forme ensuite des paysagistes comme José María Velasco, dont les vues de la vallée de Mexico restent célèbres.
Muralisme mexicain
Au lendemain de la révolution, le ministre de l'Éducation José Vasconcelos confie en 1921 des murs publics à de jeunes peintres. Il s'agit de raconter l'histoire nationale à une population largement analphabète et de sortir l'art des galeries. Une déclaration collective signée en 1922 affirme le caractère public, collectif et révolutionnaire de cette peinture.
Trois grands du muralisme
Diego Rivera peint des fresques narratives aux couleurs franches, consacrées au travail, aux cultures indigènes et à l'histoire du pays, notamment au Palais national de Mexico. José Clemente Orozco adopte une palette sombre et une vision tragique de l'humanité, visible à Guadalajara comme à l'hospice Cabañas. David Alfaro Siqueiros expérimente les matériaux industriels, les perspectives forcées et les grands formats politiques.
Frida Kahlo
Frida Kahlo a construit une œuvre intime, centrée sur l'autoportrait, la douleur physique et les symboles populaires mexicains. Longtemps lue à l'ombre de Diego Rivera, son époux, elle est aujourd'hui l'une des artistes les plus reconnues au monde. Sa maison bleue de Coyoacán, devenue musée, attire un public considérable.
Création contemporaine
Le mouvement de la Rupture, dans les années cinquante et soixante, rejette le didactisme mural au profit d'une liberté formelle nouvelle, avec des peintres comme José Luis Cuevas. Rufino Tamayo avait déjà choisi une voie personnelle, nourrie de formes préhispaniques et proche de l'abstraction. Aujourd'hui, Francisco Toledo, Gabriel Orozco et Teresa Margolles portent la création mexicaine sur la scène internationale, entre peinture, installation et photographie.