La littérature mexicaine
La littérature mexicaine occupe une place centrale dans les lettres hispano-américaines. Elle a produit un prix Nobel, plusieurs des romans les plus lus du continent et une tradition d'essai qui interroge sans relâche l'identité nationale.
Racines coloniales
Les chroniques de la conquête, dont celle de Bernal Díaz del Castillo, ouvrent la littérature écrite du pays. Au dix-septième siècle, Sor Juana Inés de la Cruz, religieuse et poétesse, compose une œuvre lyrique et théâtrale d'une virtuosité rare et défend le droit des femmes à l'étude dans sa « Réponse à Sœur Philotée ». Elle demeure la figure majeure du baroque mexicain.
Roman de la Révolution
Le soulèvement de 1910 nourrit tout un cycle romanesque. Mariano Azuela publie « Ceux d'en bas », récit désabusé d'une troupe révolutionnaire, et Martín Luis Guzmán livre avec « L'Ombre du caudillo » une analyse du pouvoir armé. Ces textes fondent une prose réaliste attentive à la violence et aux désillusions politiques.
Juan Rulfo
Juan Rulfo a bâti une œuvre brève et décisive. Le recueil de nouvelles « Le Llano en flammes » paraît en 1953, suivi en 1955 du roman « Pedro Páramo », où un village de morts raconte le règne d'un cacique. Ce livre, par sa construction éclatée et sa langue dépouillée, a durablement marqué le réalisme magique latino-américain.
Octavio Paz
Poète et essayiste, Octavio Paz reçoit le prix Nobel de littérature en 1990. Son essai « Le Labyrinthe de la solitude », publié en 1950, examine le masque, la fête et la mort dans la mentalité mexicaine et reste une référence de la réflexion sur l'identité nationale. Sa poésie, de « Pierre de soleil » à « Blanco », dialogue avec le surréalisme et avec les traditions orientales.
Carlos Fuentes et la scène contemporaine
Carlos Fuentes appartient à la génération du boom latino-américain. « La plus limpide région » et « La Mort d'Artemio Cruz » dressent le portrait critique d'un pays issu de la révolution et gagné par la corruption. Après lui, des auteurs comme Elena Poniatowska, Fernando del Paso, Yuri Herrera ou Valeria Luiselli prolongent une littérature attentive aux migrations, aux violences et à la mémoire.