La langue mexicaine
Le Mexique est le premier pays hispanophone du monde par sa population. L'espagnol y coexiste avec des dizaines de langues indigènes reconnues par la loi, ce qui fait du pays l'un des ensembles linguistiques les plus divers du continent américain.
Espagnol du Mexique
L'espagnol mexicain se distingue par une prononciation nette des consonnes et par un vocabulaire nourri d'emprunts aux langues amérindiennes. Le pronom « ustedes » remplace partout le « vosotros » de la péninsule Ibérique. Les diminutifs en « ito » abondent et adoucissent le propos. Le pays connaît aussi de fortes variations régionales, entre le nord, la capitale, la côte du golfe et le sud-est.
Langues indigènes nationales
L'Institut national des langues indigènes reconnaît soixante-huit langues indigènes nationales, réparties en familles linguistiques distinctes et déclinées en de nombreuses variantes locales. La loi générale des droits linguistiques leur confère le statut de langues nationales au même titre que l'espagnol. Environ sept millions de personnes en parlent au moins une, principalement dans les États du sud et du centre.
Le nahuatl, le maya yucatèque, le tzeltal, le tzotzil, le mixtèque, le zapotèque et l'otomi comptent parmi les plus répandues. Plusieurs de ces langues restent menacées, faute de transmission entre générations, et font l'objet de programmes de revitalisation scolaire et éditoriale.
Héritage du nahuatl
Le nahuatl, langue des Mexicas, a laissé une empreinte profonde sur l'espagnol du pays et sur les langues européennes. Les mots chocolat, tomate, avocat, cacahuète et coyote en proviennent. La toponymie en porte également la trace, de Oaxaca à Coyoacán, et de nombreux noms de plantes et de préparations culinaires conservent leur forme nahuatl.
Usages et registres
La conversation mexicaine privilégie les formes indirectes et la courtoisie. Le tutoiement s'établit lentement entre inconnus, et le « usted » reste la marque de respect envers les aînés et les supérieurs hiérarchiques. L'anglais progresse dans les zones frontalières, le tourisme et les milieux d'affaires, sans concurrencer l'espagnol dans la vie quotidienne.