Histoire du Mexique
L'histoire du Mexique s'étend sur près de trois millénaires de civilisations urbaines, suivies de trois siècles de domination espagnole et de deux siècles de vie républicaine. Cette profondeur explique la place qu'occupe le passé préhispanique dans l'identité nationale contemporaine.
Civilisations mésoaméricaines
Les Olmèques forment la première grande culture de la Mésoamérique, sur la côte du golfe, entre le deuxième et le premier millénaire avant notre ère. Ils lèguent des têtes colossales sculptées dans le basalte, un art du jade et des principes d'organisation cérémonielle que reprendront leurs successeurs. Dans la vallée d'Oaxaca, les Zapotèques bâtissent Monte Albán et développent l'un des plus anciens systèmes d'écriture du continent.
Les Mayas occupent le Yucatán, le Chiapas et une partie de l'Amérique centrale. Leurs cités, parmi lesquelles Palenque, Calakmul, Uxmal et Chichén Itzá, atteignent leur apogée durant la période classique. Ils maîtrisent une écriture hiéroglyphique complète, une arithmétique positionnelle utilisant le zéro et des calendriers d'une grande précision astronomique. Teotihuacán, dans le bassin de Mexico, domine pour sa part une aire d'influence considérable avant de décliner.
Les Mexicas, souvent appelés Aztèques, fondent Mexico-Tenochtitlán sur un îlot du lac Texcoco au quatorzième siècle. Leur alliance avec Texcoco et Tlacopan leur permet de contrôler une grande partie du centre du pays et de prélever un tribut sur des dizaines de cités soumises.
Conquête espagnole
Hernán Cortés débarque sur la côte de Veracruz en 1519. Il s'appuie sur les rivalités entre peuples tributaires et sur l'alliance des Tlaxcaltèques pour marcher vers la capitale mexica. Tenochtitlán tombe en 1521, après un siège et une épidémie de variole qui décime ses défenseurs. La supériorité technique compte moins, dans cette issue, que les maladies importées et les alliances indigènes.
Vice-royauté de Nouvelle-Espagne
Pendant trois siècles, le territoire relève de la vice-royauté de Nouvelle-Espagne. L'exploitation des mines d'argent de Zacatecas et de Guanajuato irrigue l'économie de l'empire espagnol. Les ordres religieux évangélisent les populations indigènes et fondent des couvents dont beaucoup subsistent. Une société de castes se met en place, où la naissance détermine le statut, tandis que le métissage devient le fait démographique dominant.
Indépendance et construction nationale
Le curé Miguel Hidalgo lance l'insurrection en septembre 1810 dans le village de Dolores. Après une décennie de guerre, l'indépendance est consommée en 1821. Le jeune État affronte ensuite l'instabilité, la perte de la moitié de son territoire au profit des États-Unis en 1848, puis l'intervention française et l'éphémère empire de Maximilien. Benito Juárez incarne la réforme libérale et la restauration de la république. Porfirio Díaz gouverne enfin durant plus de trois décennies, période de modernisation économique et de concentration des terres.
Révolution mexicaine
Le soulèvement éclate en 1910 contre la réélection de Porfirio Díaz. Francisco Madero, Emiliano Zapata dans le sud et Pancho Villa dans le nord portent des revendications distinctes, où la question agraire occupe une place centrale. Le conflit fait des centaines de milliers de morts et débouche sur la Constitution de 1917, qui reconnaît le droit du travail et la propriété nationale du sous-sol.
Mexique contemporain
Un parti unique domine la vie politique durant la plus grande partie du vingtième siècle. La répression de Tlatelolco en 1968 et les crises économiques successives fragilisent ce système. L'alternance intervient à l'élection présidentielle de 2000 et ouvre une période de pluralisme, marquée par l'ouverture commerciale, l'urbanisation rapide et la lutte contre les organisations criminelles.